We Went Up and Down – Valparaiso #1

Jeudi 30 octobre (Jour 24)


Pour changer, la veille nous avons pris un bus de nuit (13h de trajet, 16000 pesos = 21€) depuis Pucon pour Valparaiso.

Nous trouvons un hostel un peu bizarre qu’on ne recommandera pas vraiment mais qui est bien situé dans le Cerro Alegre et pas très cher pour l’endroit (nuit négociée à 7000 pesos = 9,42€ au lieu de 8000 pesos). Nous y resterons 2 nuits.

NB: le taux de change utilisé est 1€ = 743 pesos chiliens.
Nous avons échangé nos derniers pesos argentins contre des chiliens avec le couple français rencontrés à Pucon.

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#We Learn Things
Valparaiso:
Deuxième ville du Chili, à 100km au nord de la Capitale Santiago sur la côte pacifique chilienne, Valparaiso se caractérise par ses nombreuses collines (“cerros”) habritant ses habitants, son port, son architecture colorée, et le street art. Plus sur tout ça dans cet article!

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Vers 15h nous nous dirigeons vers le point de RDV pour une visite guidée gratuite de la ville avec Tours4Tips. Ils proposent aussi des visites de la capitale si jamais vous passez dans le coin.

Nous avions déjà fait ce genre de tour lors d’un week-end à Berlin avec des amis et nous avions beaucoup aimé. Celui-là aussi était très bien, je recommande.
C’est bien d’amener un peu de culture et de contexte à nos visites 😉

Mais avant la culture, on se laisse aller à la gourmandise! Nous sommes un peu en avance pour le tour, nous allons acheter une glace (dulce de leche con dulche de leche por favor) pour patienter (2 boules 1350 pesos = 1,82€).

C’est parti pour 3h de visite de certains quartiers de la ville.
Le tour se déroule en anglais et est rondement mené par 2 chiliennes au Tshirt rayé “où est Charly?” et au fort accent américain.
Lors de la visite, nous avons eu droit à un petit alfajor (2 cookies glacés au chocolat avec du dulce de leche au milieu) préparé par Sergio avec amour, et avons conclu le tour par un petit cocktail sucré fait avec du raisin (je ne me rappelle plus du nom).
Et au milieu de tout ça, voici quelques petites choses que j’ai retenues sur Valparaiso:

 

#L’âge d’or (pun intended 😉 )
Lors de la ruée vers l’Or au 19è siècle en Californie, Valparaiso était en plein essor dû à sa parfaie situation géographique entre les Etats-Unis et l’Europe.
En effet à l’époque, les européens en quête d’aventure devaient contourner le continent américain via le Détroit de Magellan et remonter le long des côtes pacifiques pour se rendre en Californie. Valparaiso, un peu plus bas sur la côte, représentait alors une escale parfaite pour se reposer avant d’arriver à destination. De ce fait, la ville fut à l’époque le premier et plus grand port marchand d’Amérique du Sud (c’est toujours un très grand port).

Puis la construction du Canal de Panama a changé la donne pour la ville – plus besoin de descendre tout en bas puis remonter pour atteindre les Etats-Unis – qui a dès lors beaucoup perdu de sa superbe…
Et ça se ressent bien en arpentant les rues: on sent une belle architecture d’époque, mais qui tombe en décrépitude.

Grâce justement à cette architecture coloniale mélangeant styles européens et américains, certaines parties de la ville ont été déclarées Patrimoine Mondial à l’UNESCO.

 

# Architecture et UNESCO
Cette décision est intervenue suite à la mobilisation d’une association d’habitants de la ville en réponse à un épisode architectural malheureux…

La grande place de la ville face au port est une jolie représentation de cette architecture d’époque (Plaza Sotomayor). Mais il y a quelques années, la Compañía Sudamericana de Vapores (CSAV), la plus grande compagnie de transport maritime du Chili, qui possède ici son siège social et qui est une importante ressource économique pour la ville, a souhaité bâtir de nouveaux bureaux surplombant le port.
Mais le projet de construction fut rejeté par la mairie car jugé trop “moche” (je résume 😉 ). La compagnie a alors menacé de déplacer toute son activité vers un autre port du pays, menaçant la stabilité économique de la ville. Le projet fut alors mystérieusement approuvé… Et voici le résultat:

Et si je mettais un cube de verre là-haut? Sur un bâtiment d’époque entouré de bâtiments d’époque, sur une des plus jolies places de la ville, ça sera encore mieux

Grâce à l’UNESCO, ce genre de choses ne peut plus se produire. Cependant c’est à double tranchant pour la ville et là encore c’est bien visible dans l’architecture.
Lorsqu’un bâtiment est abîmé, (incendie par exemple, ou bien juste le temps qui passe), les propriétaires se doivent de le restaurer en respectant l’architecture d’origine (le bon côté de l’UNESCO, ce qui demande de l’argent… et pas d’argent, pas de restauration. Et pas de restauration => délabrement (le mauvais côté de l’UNESCO).
On doit souvent faire preuve d’imagination lorsqu’on arpente la ville. On devine la richesse d’antan, on découvre une certaine pauvreté aujourd’hui. L’âge d’or est en effet bien révolu pour Valparaiso.

Street Art - Valparaiso
Street Art – Valparaiso

Ceci dit, Valparaiso est une ville très colorée où il semble faire bon vivre.

 

# Une ville multicolore
On voit de nombreuses contructions peintes de couleurs différentes. Pourquoi? Parce que Valparaiso est la reine de la récup!

Les gens se sont servis de tout ce que les bâteaux de passage laissaient au port lors des escales pour construire ou reconstruire leur ville (il y a eu des tremblements de terre et des incendies qui ont mis à mal la ville).
Ils ont utilisé des restes de peinture pour recouvrir les murs des bâtiments. Mais souvent il n’y avait pas assez de pots pour tout finaliser, d’où ces multiples couleurs à travers la ville.
Ils ont utilisé des bouts de ferrailles pour construire des habitations, ou les funiculaires qui permettent de rejoindre les cerros (le prix pour l’utilisation de ces “ascensores“ est seulement 100 pesos = 0,13€. Les habitants s’en servent tous les jours, ce n’est pas un truc à touristes, d’où le prix riquiqui).

Valparaiso et ses couleurs
Valparaiso et ses couleurs

 

 

# Street Art
Aucune rue de la ville n’échappe au street art, à mon plus grand plaisir. Le phénomène a commencé dans les années 70, comme une forme de protestation à la dictature Pinochet. Puis ça a continué par la suite, sous une forme cependant plus artistique que protestataire.

Valparaiso, ça monte, ça descend, ça monte...
Valparaiso, ça monte, ça descend, ça monte…

Nos 2 guides Fernanda et Priscila durant le tour nous ont dit que les habitants au début s’offendaient de graffitis (= “gribouillis”) recouvrant leurs murs. Ils les effaçaient. Uniquement pour voir ressurgir le lendemain un autre méfait.

Les artistes avaient besoin de lieux d’expression, les habitants avaient besoin de murs peints et entretenus. Une relation équilibrée s’est alors établie entre eux. Des artistes ont été sollicités pour recouvrir les murs de la ville avec leurs tags (= peintures murales). Les tags sont très respectés dans le milieu underground, beaucoup plus que les graffitis. Ces oeuvres ne se voient donc pas recouvertes de vilains gribouillis. Du coup les habitants sont contents: pas besoin de nettoyer leurs murs tous les quatre matins. Et les artistes sont contents: ils ont un immense terrain de jeux à disposition!

J’ai retenu 2 artistes de Street Art:

  • Inti, célèbre pour ses représentations de clowns bizarres.
    Une interview de lui ici si ça vous dit.
Inti et son clown
Inti et son clown
  • CharquiPunk, célèbre pour ses représentations de colibris

    Charquipunk et ses colibris
    Charquipunk et ses colibris

A demain pour un autre article sur Valparaiso!

 

There is fire on the mountain,
and nobody seems to be on the run

(merci Asa)

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Une réflexion sur “We Went Up and Down – Valparaiso #1

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