We Mind our Own Business

Mercredi 7 janvier (Jour 93)


Nous quittons Baños ce matin après 3 nuits passées ici et rejoignons Puyo, plus proche de l’Amazonie (1h de bus, 2$).

Nous trouvons un hôtel en chambre double à 7$ et allons nous balader dans le centre de cette ville tout à fait ordinaire, mais, soulignons-le, possède un resto veggie (almuerzo 2,50$).

Dans l’après-midi, après avoir cherché l’arrêt de bus et tourné en rond pendant un bon quart d’heure, nous nous rendons à l’extérieur de la ville, à Los Monos Selva y Vida. C’est la raison pour laquelle j’ai voulu venir à Puyo: visiter ce ‘refuge’ animalier pour primates.

En effet, et je ferai un post dédié pour en parler, j’ai décidé lors de ce long voyage de consacrer un peu de mon temps au volontariat. Et mon truc à moi c’est les animaux.
Il y a longtemps lorsque tout ceci n’était qu’un doux rêve, j’avais repéré sur internet deux refuges pour animaux en Equateur. Profitons donc de notre passage dans la région pour aller les visiter et se faire une idée concrète de leur engagement.

Los Monos

Los Monos Selva y Vida
Los Monos Selva y Vida

Nous arrivons au refuge Los Monos Selva y Vida (anciennement el Paseo de los Monos) sous une fine pluie. Il n’y a personne à l’entrée (3$ pour les visiteurs), nous nous avançons donc dans le site. Quelques singes en liberté nous observent depuis la cime des arbres. De chaque côté du chemin visiteurs il y a des enclos électrifiés où l’on peut observer quelques singes, notamment des singes laineux (Chorongo), espèce fragile en voie de disparition.

Los Monos Selva y Vida
Singe Laineux

Une jeune fille déboule alors de nulle part, nous dit bonjour (je crois), nous demande 3$ et repart aussi sec. Charmant cet accueil! Me voilà refroidie.
Nous continuons notre petit tour: singes capucins, singes écureuil, tortues, coatis, aras, un vivarium vide à l’abandon…

Capucins
Capucins

L’emplacement du site est joli, dans la forêt; et au milieu, une grande cabane en bois qui doit sans doute accueillir les volontaires. Depuis l’extérieur, nous apercevons plusieurs personnes à l’intérieur, mais personne ne daigne venir nous donner quelconque explication sur le centre, leur mission, etc… Et bien ils iront se faire voir, ce n’est pas ici que je ferai mon volontariat!

Et grand bien m’a pris. J’apprendrai plus tard par d’anciens volontaires que ce « refuge » n’est pas du tout recommendable: trop de contact avec les animaux (qui peuvent manger/dormir/faire leurs besoins dans l’espace réservé aux humains), des cas de maltraitance, un management peu sérieux…
De plus, et c’est la raison la plus objective – je n’ai pas été volontaire dans ce refuge, je peux juste me fier à ces témoignages – le site est ouvert au public.

*****

\We Learn Things
Refuges animaliers et Tourisme:
Je ne le savais pas alors mais le gouvernement équatorien a édicté une règle simple il y a quelque temps: si un centre animalier accepte de recevoir des visiteurs, il ne peut alors être considéré comme « centre de refuge/réhabilitation » et il s’agit par conséquent d’un zoo. Si le site est fermé au public, il peut alors prendre la dénommination de « refuge ». Car – du moins pour moi – le but premier de ce genre de centres doit être la réhabilitation des animaux dans la nature, pas l’activité commerciale.
Le gouvernement a laissé le choix à ces refuges ouvert aux visites: rester ouvert au public et devenir zoo, ou se consacrer entièrement à la réhabilitation des animaux. Los Monos a choisi de rester ouvert au public, ne voulant pas se priver d’une source de revenus non négligeable (3$ par visiteur). Revenus qu’il semblerait ne sont pas entièrement consacrés à la cause animale…

C’est un cercle vicieux pour ces centres animaliers: pour attirer le public, il faut avoir des animaux à leur montrer. Et donc agir en faveur de leur réhabilitation n’est pas forcément bon pour leur business… C’est comme ça que l’on se retrouve avec des animaux qui pourraient être relâchés dans la nature mais restent en cage…
Mais se pose aussi la question du financement des refuges animaliers (les vrais, les bons): cette source de revenus ‘touristique’ peut aider la cause animale en permettant d’acheter du matériel pour construire des cages, des médicaments, de la nourriture, des systèmes de tracking lorsque les animaux sont libérés, etc… Mais le prix à payer dans ce contexte serait le contact avec l’humain.
Mon avis est que moins il y a d’intéraction avec l’Homme, mieux les animaux se porteront et meilleures seront leurs chances d’être réhabilités à la vie sauvage. D’autres sources de financement doivent être trouvées (subventions gouvernementales, dons, parrainages…)

*****

 

Jeudi 8 janvier (Jour 94)


Merazonia
Le lendemain, je prends le bus pour Mera, un village situé entre Baños et Puyo, tandis que Ptit Brie reste en ville. Objectif de la journée: rendre visite à Merazonia, un refuge pour primates réputé créé par un hollandais il y a une dizaine d’années.

Arrivée au village, je prends un taxi (15min 4$) pour rejoindre le centre situé dans la forêt sur les hauteurs.
Il n’y a pas un chat lorsque je m’avance sur le pont suspendu qui sépare le chemin sans issue de l’entrée du site affublée d’une pancarte ‘interdit au public’ 😉
Très vite, Tiffany, accompagnée de 3 chiens, vient à ma rencontre. L’accueil est bien différent de celui d’hier!

Je lui explique que je profite de mon passage dans la région pour venir leur rendre visite, envisageant d’y faire du volontariat dans quelques semaines. Elle m’explique alors brièvement leur fonctionnement – cette canadienne est volontaire ici depuis 3 semaines – puis retourne promener les chiens.

Je rencontre alors Alex, une jeune française qui a eu un coup de coeur pour le centre et qui est là depuis 9 mois. D’abord volontaire, elle est à présent coordinatrice et supervise les nouveaux arrivants.
Elle arrête sa corvée de vaisselle pour m’expliquer plus longuement leur fonctionnement et me faire découvrir le site.
Je découvre, dispersées dans la végétation, les cages des capucins, des tamarins, des laineux, des hurleurs, et des oiseaux. Une dizaine de volontaires vivent et travaillent ici. Pas d’électricité, des toilettes sèches: le moins d’impact possible sur l’environnement.
Les volontaires se répartissent les tâches, inscrites sur un tableau à l’entrée de la grande cabane qui les accueille (aujourd’hui tu t’occupes de donner à manger aux hurleurs, demain aux capucins, etc…).

Le discours me plait. On essaie d’éviter le contact avec les animaux, on essaie de les relâcher loin du centre pour ne pas favoriser la dépendance à l’humain,…
Le seul contact fut avec un perroquet aux ailes sectionnées, qui ne pourra jamais être relâché dans la nature et qui peut donc être en contact avec les humains. Il est monté me faire un petit coucou sur l’épaule. J’étais fière de moi, moi qui n’aime pas les volatiles.

Je repars enchantée: l’endroit est joli, l’engagement sérieux, les gens sympas. Je prends note pour plus tard! Les seules choses qui pourraient me chiffonner: le prix et l’anglais.
En effet, être volontaire auprès des animaux demande souvent une participation financière. Ici c’est 500$ pour un mois :-/
Et puis pour l’anglais: je vois cette expérience de volontariat comme l’occasion d’améliorer mon espagnol et d’être au contact de la population locale. Ici il n’y a que des volontaires internationaux qui vivent un peu en autarcie loin du village.

 

Je suis de retour à Puyo en milieu d’après-midi. Ptit Brie n’est pas à l’hôtel, je pars me promener sur le sentier aménagé qui longe la rivière. Le temps est couvert. Quelques personnes font leur footing ou promènent leur chien.

 

Nous quittons Puyo sous la pluie vers 23h et passons la nuit dans le bus pour Guayaquil (7h de trajet, 9$/7,44€).

 

Tell me what you want
What you really really want

(merci les Spice Girls)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s