Wilson, Where Are You? – Tioman Island

jeudi 27 août – mardi 1er septembre 2015 (Jours 325-330)


Première étape malaisienne (malaise?): une île, 110 km², 1500 habitants. Tioman, au large de la côte orientale du pays. J’y ai passé une petite semaine.
L’image qu’on peut se faire d’une île tropicale: eau limpide, longues plages bordées de cocotiers, faune marine qui appelle au snorkelling et à la plongée, jungle… Mais à paradis, purgatoire: on trouve aussi de nombreux déchets laissés à l’abandon, du corail mort… Une constante malheureusement de nos jours, peu importe la destination.

 

Juara
Après 2h de traversée, le ferry en provenance de Mersing me dépose, comme le gros des touristes à bord, à Tekek sur la côte ouest. Si la majorité reste sur ce côté de l’île, j’ai décidé de rejoindre Juara sur la côte est, apparemment plus sauvage et isolée (les ferries n’y ont pas accès, ça aide). Un couple de français a eu la même idée, nous partageons la demi-heure de ‘taxi’ pour nous emmener à Juara.
Il n’y a qu’une route qui traverse l’île puis longe la côte est, préservant la tranquilité du lieu. La voiture me dépose devant la guesthouse repérée dans le Lonely Planet. J’ai prévu d’y rester 3 jours. 20$/4,30€ la nuit pdj inclus, qui dit mieux? Si, ça aurait été mieux si ça avait été plus propre, mais pour ce prix face à un petit paradis, on ne va pas se plaindre 😉

Je laisse mes tongs dans un coin et les oublie jusqu’à mon départ, puis je pars en reconnaissance (pas bien loin).

 

Juara, Tioman
Mon point de chute pendant 3 jours

Et là, moment de panique: qu’est-ce que je vais foutre ici pendant 3 jours?? Il n’y a rien. La plage et la mer de Chine face à moi, la jungle derrière, quelques bungalows entre les deux. HEUREUSEMENT j’ai amené un bouquin (mon gros sac est resté sur le continent): The Slap, un best-seller australien récupéré dans un hostel de Sydney. J’ai avalé les 500 pages, sous ma cahute face à la mer (deuxième palmier en partant de la gauche sur la photo).

A part ça, pas grand chose. Ma routine de ces quelques jours: réveil vers 9h, maillot, plouf dans une mer cristalline à la température parfaite (aucune hésitation pour rentrer dedans), petit déj, lecture. Une pause baignade ou snorkelling de temps en temps; puis la fin d’après-midi arrivait, et la petite faim qui allait avec. Alors que les chauve-souris commençaient leur rituel crépusculaire, rasant les têtes, je commandais des pâtes ou un truc dans le genre au bar de la guesthouse, parfois aussi une canette bière à 5$/1€. YOLO comme disent les jeunes (pour les vieux qui ne suivent pas: You Only Live Once). Finalement, je m’y suis fait à ce petit paradis. La panique s’est effacée, j’ai cédé au farniente, et je ne me suis pas ennuyée. J’ai même hésité à rester un jour de plus. J’aurais peut-être dû…

Mon modèle pendant 3 jours
Mon modèle pendant 3 jours

 

Pour ceux qui l’ont ratée sur Facebook, voici un aperçu de Juara en vidéo:

La jungle
Après ces 3 jours à Juara, j’ai décidé d’aller voir à quoi ressemblait la côte ouest. J’aurais aimé aller dans le sud de l’île, notamment à Nipah, mais ça demandait trop d’organisation (comme trouver un bateau-taxi hors de prix pour s’y rendre).

Cette fois-ci pour rejoindre Tekek j’opte pour la traversée de la jungle à pied. Je m’étais un peu montée le bourrichon avant de partir: « une fille ne devrait pas se balader toute seule » disaient les guides de voyage (une française a été tuée sur l’île en 2011), un sens de l’orientation MIA (mais a priori si tu te perds, il n’y a qu’à suivre les câbles électriques), mon obsession des sangsues. Car depuis mon attaque sanglante dans la forêt pluviale, sous la pluie, en Australie, les sangsues sont ma nouvelle phobie. Avant il y avait les poules, maintenant il y a les sangsues. On peut considérer ça comme du progrès (sort of). Tous les guides de voyage en parlent, apparemment en Malaisie on ne peut pas y échapper.  Le Guide du Routard conseille d’imbiber ses chaussettes de Baygon (really?) (really!), me voilà rassurée (en fait non, j’ai pas de Baygon). Enfin bon, l’île de Tioman ne serait pas concernée par ces blood mother suckers, mais plutôt l’intérieur de la péninsule. Obession je vous dis.

Ces 7 km de traversée se sont évidemment bien passés. Presque la moitié du trajet s’effectue en longeant la route, ce n’est pas très intéressant. Mais si jamais à ce moment-là vous changez d’avis sur cette marche, vous pouvez toujours grimper à l’arrière d’une des voitures ou scooters qui passent pour rejoindre l’autre côté de l’île.

Puis arrivent la bifurcation et l’étroit chemin qui s’enfonce dans la jungle. Je me dis qu’il ne doit pas y avoir beaucoup de gens qui passent par ici… Mais en fait si, après plusieurs centaines de mètres je croise d’autres touristes. J’y ai aussi croisé des gros écureuils noirs géants, des écureuils plus normaux, des lézards moniteurs, des macaques, des caméléons, mais pas de serpents (il y aurait pourtant 25 espèces différentes sur l’île, dont le fameux cobra royal), et pas de sangsues \o/

Tioman
Caméléon (je crois?), Tioman

 

Air Batand (ABC)
Arrivée à Tekek, je poursuis mon chemin jusqu’à Air Batang. Prix plus chers, plus de touristes, moins voire pas de plage du tout (mais de la rocaille): petite déconvenue. J’y resterai 2 nuits, cette fois-ci avec un harlequin entre les mains: « Un Printemps en Virginie ». J’ai échangé mon livre contre  celui-là à la guesthouse précédente, sans faire attention à la collection :-/. J’avais juste vu sur le dos de couverture que l’auteure était diplômée d’Harvard et que le synopsis n’était pas rebutant. Le style aux longues tirades métaphoriques tirées par les cheveux était effectivement digne d’un harlequin (j’imagine hein, j’en avais jamais lus ;-)), mais je me suis laissée prendre par l’histoire (mon ego a légèrement fléchi). Un grand propriétaire terrien dans le sud de l’Amérique du 19è s., beau, veuf, bourru, rencontre une jeune vierge sauvageonne qui le touche au coeur (et pas que). Je ne vous raconte pas la fin, je ne veux pas vous spoiler.

Depuis ABC, j’ai fait une petite randonnée d’une heure et demi en longeant la côte et traversant la jungle vers le nord pour me rendre à Monkey Bay; et en arrivant j’ai vu des singes (la nature est bien faite hein). J’étais toute seule sur cette petite anse accueillante, un peu sale. Il y avait du vrai sable mais pas vraiment d’ombre. Juara gardait ma préférence.

Après un plouf rapide pour me rafraîchir de cette marche, je me suis installée sur un gros rocher où ‘taxi boat’ était inscrit à la peinture blanche (il y a effectivement une barque à moteur à l’autre bout de la baie), et je me suis rendue en Virginie, tournant en même temps que le soleil pour que l’arbre voisin me protège de son ombre légère, parfois distraite par un lézard qui passait (gros les lézards, minimum 1m). Au moment où j’ai voulu enfiler mon masque et mon tuba et partir à la découverte des fonds marins, j’ai vu un long serpent fin et noir se glisser depuis le sable vers la mer, à quelques pas de moi. Je suis retournée en Virginie.

Panuba Bay, Tioman
Panuba Bay, sur le chemin vers Monkey Bay

 

Le lendemain, j’ai repris le ferry pour le continent  et enchainé avec un bus pour rejoindre la côte ouest de la Malaise. Les prochains jours seront citadins!

 

Une histoire de plage
Mêlé de sable et d’eau
Dans un coquillage
La voilure d’un bateau
Qui se balancait
Sur le bord du soleil

(merci Brigitte)

 

Publicités

Une réflexion sur “Wilson, Where Are You? – Tioman Island

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s