Walking with Leeches – Taman Negara

Mercredi 16 – Vendredi 18 septembre (Jour 345-347)


Après 3 semaines passées le long des côtes malaisiennes, il est temps de rentrer un peu dans les terres, en l’occurence pour aller y découvrir le Taman Negara (j’ai Michel Sardou dans les oreilles à chaque fois que j’entends ce nom).Taman Negara signifie ‘parc national’ en malais. Il y a par conséquent plusieurs taman negara en Malaisie, mais qu’un seul Taman Negara, LE taman Negara, vous me suivez? C’est le parc le plus grand et le plus connu de la péninsule (n’oublions pas l’île de Borneo). Il recouvre un peu plus de 4300 km² de forêts, vieilles de plus de 130 millions d’années. Ce serait a priori les plus vieilles de la planète, mais j’ai remarqué que beaucoup de contrées réclament le record alors je ne sais que vous dire. Par exemple, la Daintree forest dans le Queensland en Australie revendique le titre elle-aussi. Et j’avoue que cette dernière a ma préférence (il faut que je vous raconte l’Australie!). Elle m’a paru plus sauvage, plus lumineuse, plus ‘fouillis’, plus mystérieuse, moins touristique. Mais ce n’est que mon ressenti. Mais parlons du Taman Negara.

Le Taman Negara, je l’attendais avec impatience. Une image de jungle luxuriante, des animaux, la nature comme je l’aime. Bon, ça n’a pas été complètement ça, mais un sage a dit un jour: « il faut se donner les moyens de ses ambitions ».

 

\ Rejoindre le parc
Il existe 3 ou 4 accès au parc, le plus pratique étant via le village de Kuala Tahan, celui que j’ai choisi. Deux options s’offrent à vous pour rejoindre Kuala Tahan: l’eau ou la terre. J’ai décidé d’arriver par la rivière et de repartir par la route.

L'embarcadère à Kuala Tembeling
L’embarcadère à Kuala Tembeling

Remonter la rivière en pirogue à moteur depuis Kuala Tembeling (40$/8€, 2h30 de trajet) permet de se mettre dans l’ambiance, d’avoir cette impression de rejoindre une ‘terre lointaine’ qui se mérite. Ce moyen de transport permettrait également de voir plus d’animaux que par la route. Dans mon cas, pas vraiment, à part quelques buffles pataugeant tranquillement dans la rivière. Le trajet reste cependant agréable, bien que mes fessiers ne diraient pas non à un peu plus de moelleux. On aperçoit quelques pêcheurs sur leur barque, quelques familles faire trempette, la forêt, dense, nous entoure. Pendant la dernière demi-heure de trajet, une pluie tropicale – de celle qui ne fait pas dans la dentelle –  s’est abattue sur nous, nous obligeant malgré le toit à se recroqueviller au centre du bateau, faisant ami-ami avec notre camarade de siège pour essayer d’éviter d’être trempé (en vain). Ca aussi ça participe à l’ambiance!

 

\ Planter le décor
A l’arrivée, tous les logements (sauf un resort) se situent dans le village de Kampung Kuala Tahan, sur la rive opposée à l’entrée du parc. Les barques à moteur font la traversée à toute heure moyennant 1$ (ça doit prendre 30 sec pour rejoindre l’autre côté). Les restaurants flottants ont élu domicile en contrebas du village le long de la rive.

Kuala Tahan - Taman Negara
Vue depuis la fenêtre de ma chambre dans le village. Les restaurants flottants en premier plan, le parc en arrière-plan

 

Et puis le parc: forêt, rivières, petits lacs, cascades, grottes, tout ça dans une atmosphère chaude et humide vous vous doutez bien.
Le Taman Negara est parfaitement adapté au tourisme de masse. Depuis le Centre d’Information, plusieurs chemins de randonnées permettent de découvrir la forêt, la majorité étant en fait des passerelles de bois (tout du moins au début des parcours). Mais les plus aventureux peuvent aussi s’en donner à coeur joie sur des treks de plusieurs jours. J’aurais pu me donner les moyens d’une belle expérience je pense, engager un guide, m’enfoncer dans la forêt, mais c’était cher et l’envie manquait un peu j’avoue. Je me suis donc contentée d’une ‘exploration’ à la journée.
Par contre, si on voit effectivement pas mal de touristes à l’arrivée et même dans le village, on ne croise presque personne dans le parc. Mais où sont tous ces gens? Partis à la chasse au dahut?

Taman Negara
Taman Negara

Le parc accueille une faune impressionnante: des centaines d’espèces d’oiseaux, des reptiles, des éléphants, des singes, des tigres, des léopards, et même quelques rhinoceros de Sumatra semblerait-il. Bien-sûr à part quelques oiseaux, des macaques et des cochons sauvages, je n’ai rien vu. Mais c’est le jeu ma Pauv’ Lucette. Je crois qu’il faudrait s’enfoncer pendant de longues semaines dans les profondeurs de la forêt pour pouvoir apercevoir un tigre ou un léopard, et encore… Et puis c’est mieux pour eux qu’ils restent éloignés des Indiana Jones du dimanche.

Mais j’oublie un animal! Car en fait, celui que j’ai le plus vu, c’est la sangsue (et les fourmis)! Mais j’étais parée! Après mon échec à Kuala Lumpur pour essayer d’acheter des protections contre ces saloperies (en gros, des chaussettes en je ne sais quelle matière qui montent jusqu’au dessus du genou), j’ai trouvé une alternative la veille dans un supermarché de Jerantut: des chaussettes de foot! Oui tout à fait (Thierry).
Plus d’infos sur les sangsue dans mon article dédié ici.

 

\ Partir en rando
Dans le dortoir à Kuala Tahan (Liana Hostel, 15$/3€ la nuit), j’ai rencontré Nicky, une jeune londonienne de 24 ans. Nous avons décidé de partir en randonnée ensemble. Pour ma première journée, nous décidons de rejoindre Bumbun Tabing (6km aller-retour) au nord-ouest de l’entrée du parc.
C’était marrant de voir le décalage de ‘préparation’ entre Nicky et moi. J’étais parée pour la rando et les sangsues – Tshirt, pantalon rentré dans mes chaussettes Quechua (je ne pensais pas avoir besoin de mes super chaussettes pour cette petite rando non loin de l’entrée du parc) – Nicky était en combishort et n’avait pas de chaussettes dans ses baskets de trail. Une warrior! Je lui ai déballée toute ma science sur les sangsues, et la marche de la paranoïa a débuté, la tête haute les yeux rivés sur nos pieds. Le chemin était un vrai chemin de rando, pas de passerelle de bois mais de la terre et des feuilles mortes pour des sangsues à ramasser à la pelle! Nous étions bien contentes d’être deux, on pouvait se faire des checks de nos chaussures/chevilles. Nicky s’est faite mordre quelques fois mais pas tant que ça considérant qu’elle était chevilles et jambes nues. De mon côté, une seule morsure (je l’ai brûlée vive la bleetch pour la peine), à travers la chaussette donc.
Quant à la rando en elle-même, pas grand chose à dire. Nous avons vu quelques écureuils et beaucoup d’arbres!

De retour à l’entrée du parc et après une petite pause, nous sommes parties de l’autre côté et avons emprunté le chemin de bois pour rejoindre le Canopy Walk (5$/1€), un pont de singe à 30 m au dessus du sol, au niveau de la cime des arbres. La balade est agréable.

Canopy Walk - Taman Negara
Canopy Walk – Taman Negara

 

Le lendemain, je voulais rejoindre Kuala Trenggan, à 9km à l’est du parc, mais il aurait fallu être plus matinale pour pouvoir faire l’aller-retour dans la journée. Je ne m’étais pas levée très tôt mais ça restait jouable, c’était cependant sans compter sur un groupe de gens de l’hostel qui voulait louer un bateau pour aller quelque part dans le parc (encore fallait-il décider où) et revenir à pied. Je n’aurais pas dû me greffer à eux! Au final, sans prise de décision, le groupe se séparera en deux. Nicky et un couple de jeunes français m’accompagnent à Bukit Indah, en direction de Kuala Trenggan mais moins loin (~10km aller-retour).
Tout près de l’entrée en empruntant les fameuses passerelles de bois, on aperçoit des macaques et quelques cochons sauvages. Puis lorsque le bois fait place à la terre, la vraie rando commence. On croise un campement Orang Asli (un peuple nomade autochtone qui vit dans la forêt). Ca monte et ça descend. La dernière portion s’effectue à l’aide d’une corde pour grimper sur le fameux Bukit Indah (bukit signifiant mont/colline). La vue au sommet est jolie, on aperçoit la cime des arbres et la rivière en contrebas, une ou deux habitations de l’autre coté de la rive et quelques terres en friche.
Cette fois j’avais mis mes chaussettes de foot, qui furent tout à fait inutiles. Pas UNE sangsue aperçue de ce côté du parc. Par contre, j’ai sué du mollet tel un buffle immergé dans la rivière.

 

\ Retourner en ville
Je quitte le Taman Negara en bus, un bon moyen pour réaliser qu’on n’était pas si loin de la civilisation telle que l’arrivée en bateau pouvait le suggérer. Ce trajet par la route permet de bien se rendre compter à quel point les palmiers à huile grapille le territoire de la forêt primaire, c’est triste. Des hommes travaillent dans les plantations, des vaches se baladent tranquillement au milieu des palmiers ou au bord de la route. C’est sur ce trajet également que j’ai aperçu les plus gros singes jamais observés en milieu naturel. Je ne sais pas trop quelle espèce c’était mais ils avaient la taille de mini gorilles et étaient tout fluffy. Du genre que tu as envie d’attraper avec ta grosse pince à la fête foraine. Finalement, c’est pas mal de prendre le bus, on voit des tranches de vie.

 

En fin de matinée, je prends un autre bus depuis Jerantut pour rejoindre Kuantan sur la côte est. La suite au prochain épisode!

 

 

I’ve lost the use of my heart
But I’m still alive
Still looking for the life
The endless pool on the other side
It’s a wild wild west
I’m doing my best

 

(merci Sade)

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s