When it’s Time

Mardi 10 mai 2016 (Jour 582)


Petit moment de panique. Je suis dans la salle d’embarquement de l’aéroport, assise dans mon fauteuil, j’attends l’appel pour mon vol. Je réalise que je quitte la Thailande. Mon petit coeur palpite. Les larmes montent.

Petit moment de panique. Je suis dans le métro aérien, tout est propre, assisté, organisé. Je fixe le paysage urbain qui défile devant moi. Tout attire mon attention: la signalisation, les voitures, les voies de circulation multiples, les buildings, les travaux, … Les chantiers m’interpellent: des grues, des pelleteuses, des monte-charges, etc… des engins de travaux quoi, normal. Sauf que ça contraste avec tous les chantiers rencontrés ces derniers mois en Asie: des mecs cassant les cailloux à la pioche, utilisant brouettes et sauts, travaillant à la chaîne… Je tique aussi sur les échafaudages, différents de ceux faits de piquets de bambou qui m’étaient devenus familiers ces derniers mois. Ces échafaudages feraient pâlir n’importe quel candidat de Koh Lanta. Les échafaudages qui défilent à présent devant mes yeux sont bien lisses en comparaison.
Des détails, tout ça.

Le « normal » est devenu « insolite ».

Le retour à la civilisation fait mal.

Mon regard se vide. Les larmes montent.

Petit moment de répit. Je retrouve mon ami Claudio qui va m’accueillir chez lui quelque temps. On ne s’est pas vus depuis 10 mois, le temps a passé si vite. La dernière fois aussi il était mon point d’ancrage dans une période un peu compliquée.
Il me parle de frigo rempli, de sauce tomate maison, de pâtes. Le sourire se dessine.

Petit moment de panique. J’ai défait mon sac, j’ai pris mes quartiers, je suis sous la douche. Les larmes montent.

*****

Hier sur un coup de tête j’ai débarqué à Singapour, j’ai réservé mon billet d’avion la veille. L’idée me traversait l’esprit de temps en temps depuis plusieurs semaines. L’idée persistait depuis quelques jours. Alors sur un coup de tête, au lieu de balayer l’idée, je l’ai suivie, et j’ai réservé un vol, certaine que cette fois c’était le bon moment. Le moment d’arrêter.

Car Singapour est le vestibule de la France. Aller à Singapour signifie rentrer à la maison, d’où ces petites crises de panique.

Je sais qu’il est temps mais je sais aussi que l’envie de rentrer n’est pas vraiment là. C’est l’envie de voyager qui m’a quittée, c’est tout.

Je n’ai ni date, ni billet d’avion, ni destination finale exacte pour l’instant. Mais la décision est prise: bientôt je serai de retour dans la civilisation, MA civilisation, et ça me terrifie (mode fuck la société on).

Les larmes montent mais ne coulent pas. Tout n’est pas perdu.

Girl,
Your final journey has just begun
Your destiny chose the reaper
No Fear
Destination Darkness
No Fear

(merci The Rasmus)

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7 réflexions sur “When it’s Time

  1. Je te remercie Claire, pour ton partage d’aventures de voyages.
    Quel chemin parcouru! BRAVO !
    J’ai ri , j’ai été ému ,j’ai beaucoup apprécié ces instants et aussi ton talent d’écriture.
    De tout coeur ,
    Odile

    Aimé par 1 personne

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